Antoinette Dumas

Saint-Laurent-de-Belzagot, 1889 – Saint-Laurent-de-Belzagot, 1977

Antoinette Dumas passe une grande partie de sa vie à déménager entre différentes régions, allant des Charentes à la Corse en passant par la Corrèze. Elle pose finalement définitivement ses valises à Frontignan, en Occitanie. Très proche du monde associatif, elle adhère à de nombreuses associations, telles que « Le club des Arts et des Lettres du pays de Brives » lorsqu’elle était en Corrèze, puis plus tard « L’Académie classique Paul Valéry » et l’association « Georges Brassens » à Sète. Ce n’est que tardivement qu’elle se met à la peinture, à l’âge de 75 ans. Scène de mariage, de bûcheron au labeur ou d’un bal de campagne, cette artiste conte avec ravissement le monde rural qu’elle a si bien connu pour ne l’avoir jamais quitté.

La peinture d’Antoinette Dumas, femme au caractère enjoué et pleine d’humour, sent bon la joie de vivre, la joie de peindre. Rien de sophistiqué, rien d’artificiel dans ses toiles, mais seulement une vue enfantine de l’existence. L’enfant tient une double place dans ses tableaux : c’est d’abord ce regard posé sur les choses et les gens, puis l’objet de son art qui est une certaine recherche « du temps perdu ». Elle considère ainsi le temps à la fois avec de la tendresse, mais aussi avec la méfiance que l’on témoigne à un ennemi sournois. Ses œuvres, pleines de nostalgie, lui donnent des ressources pour résister à l’âge. Les couleurs ne sont pas étrangères à cette impression de gaieté : il s’agit de teintes claires et chatoyantes, mais rien ne détonne ou ne sonne faux, tout converge vers un ensemble harmonieux. 

L’œuvre La clairière a été peinte par Antoinette Dumas en 1969. Il s’agit d’un paysage de forêt dans des tons plutôt chauds, avec une dominante d’orange rappelant les feuillages d’automne. Le point de vue de l’artiste, en hauteur, offre une vue assez large sur la forêt, qui est coupée par un sentier bordé de buissons mauves. L’œil est alors tout de suite attiré par ce chemin qui perce la végétation pour mener vers une destination mystérieuse dont l’artiste ne nous donne aucune information. Antoinette Dumas, très attachée au monde de l’enfance, parvient à travers ses tableaux à nous faire revivre nous aussi, en tant que spectateurs, cette période révolue. Un aspect imaginaire digne des contes s’invite alors dans notre esprit à la contemplation de cette clairière, comme si l’œuvre nous montrait l’itinéraire à suivre à travers les arbres pour rejoindre un monde enchanté baigné de lumière.