Du samedi 21 Septembre 2024 au dimanche 02 février 2025, les musées d’art de Laval dévoilent leurs collections encyclopédiques.
A travers plus de 140 œuvres, habituellement conservées en réserve, l’exposition convie le visiteur à découvrir comment les mélanges culturels s’incarnent à travers le syncrétisme religieux, les échanges commerciaux et le goût de l’exotisme. Le voyage, point de départ des échanges entre les peuples, permet de transcender les frontières et donne lieu à un riche et fructueux brassage.
L’exposition Riches de Cultures propose de valoriser une sélection de la collection encyclopédique des musées d’art de Laval. La thématique traitée souligne l’incroyable diversité de cette collection constituée à partir du milieu du 19e siècle au gré des achats et des dons. Le fonds comprend plus de 20 000 œuvres dont 400 peintures, 1600 dessins, 730 gravures, 600 armes, 750 céramiques et 200 objets d’ethnographie asiatique et africaine.
Les objets et œuvres présentés, aujourd’hui intégralement conservés en réserve, couvrent toutes les périodes de l’humanité de la Préhistoire au 20e siècle et proviennent du monde entier, à l’exception des Amériques et Afrique subsaharienne peu représentés dans la collection.
Les objets présentés, usuels ou décoratifs, sont le produit d’un mélange culturel qui, à l’heure actuelle, peut nous échapper complètement tant les phénomènes d’influences réciproques, d’acculturation, d’appropriation et de métissage sont anciens. Qu’ils soient précieux ou du quotidien, les objets relatent l’histoire chaotique des civilisations dont les collisions favorisent le développement de sociétés multiculturelles.
Une exposition temporaire est un long travail d’études, de sélections, de restaurations, de rédaction, de conception scénographique et de montages techniques. L’élaboration de ce projet a mobilisé l’ensemble de l’équipe des musées d’art pendant plus de 2 ans.
Totalement centrée sur les collections de la ville de Laval, l’exposition permet de faire le point sur les dernières recherches scientifiques, plus particulièrement dans le domaine des haches néolithiques et des céramiques asiatiques.
Syncrétisme




Lampe à l’effigie de Sérapis Terre cuite moulée Époque romaine (4e quart du 1er siècle avant J.-C.- 2e siècle après. J.-C.) Lieu de découverte : Égypte Mode d’acquisition inconnu[TM1] [TM1]Cartel 2 Côte à côte : les deux cartels sur une seule ligne | Lampe à l’effigie du dieu Hypocrate Terre cuite moulée Époque romaine (1er siècle avant J.-C. – 5e siècle après J.-C.) Lieu de découverte : inconnu Achat à la fille de Gustave Posno, Le Caire, en 1908 |
| Amulette du dieu Harpocrate Fritte (pâte siliceuse vitrifiée par cuisson) Basse époque (entre 525 et 332 avant J.-C.) ? Lieu de découverte : Égypte Mode d’acquisition inconnu | En cours |
Hâche
Collection de hâches
Du néolitihique jusqu’à avant 1850
Dolérite, Fibrolite, éclogite, seprentine
Nouvelle-Calédonie, Plumergat, Carnac, Pontivy, Baden,
Locmariaquer, Guer, Guerne, Quiberon Mouzeille



























Influence et colonisation grecque en Italie

Alabastre biglobulaire
Terre cuite moulée, peinte et vernie
610-570 avant J.-C., Lieu de fabrication : Italie, Étrurie, Lieu de découverte : Inconnu. Achat à G. Loustau ou marquis de Vibraye en 1897
Dès le 8e siècle avant J.-C., l’Étrurie, région d’Italie centrale, produit des vases peints dont le répertoire de motifs et de formes tire son origine de Grèce. À partir du milieu du 7e siècle avant J.-C., de nombreux artisans grecs, principalement corinthiens, viennent y installer leurs ateliers pour produire en masse. Ainsi, ce petit vase à parfum étrusco-corinthien est d’inspiration corinthienne par son décor mais étrusque par sa forme biglobulaire.
Les ateliers étrusques connaissent un rayonnement économique et culturel sans précédent. La production étrusco-corinthienne est principalement diffusée en Méditerranée occidentale. Elle décline au début du 6e siècle avant J.-C. La concurrence de la production athénienne introduit alors la mode de la figure humaine dans le décor des céramiques.


| Œnochoé à bec de canard Terre cuite orange à vernis noir métallescent Vers 250 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Étrurie Lieu de découverte : Inconnu Achat chez l’antiquaire Sommereisen, Paris, en 1896 | Œnochoé à décor géométrique Terre cuite orange à vernis orangé à brun 675-650 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Étrurie, Tarquinia Lieu de découverte: Inconnu Achat en 1897 |

Coupe
Anonyme
Grande-Grèce
550-530 av. J.-C.

Askos à l’Éros
Terre cuite moulée, peinte et vernie
325-300 avant J.-C.
Lieu de fabrication : Italie, Apulie
Lieu de découverte : Inconnu
Achat en 1896
À partir du 8e siècle avant J.-C., la Calabre et une partie de la Sicile colonisées par les Grecs sont désignées sous le nom de Grande-Grèce. La région voisine, l’Apulie, les Pouilles actuelles, voit l’installation de potiers grecs qui amènent leur savoir-faire et la mode athénienne des figures rouges.
Le décor de cet askos, vase contenant du vin, présente un personnage unique : Éros, dieu grec de l’Amour. À cette figure classique s’ajoute un répertoire iconographique apulien dit « style orné ». Inspiré de la figure rouge athénienne, il présente une ornementation de motifs accumulés : frises d’oves, bijoux, accessoires divers…. Le décor secondaire présente souvent des palmettes stylisées, véritable leitmotiv du répertoire décoratif grec.





| Skyphos de style dit « de Gnathia » Terre cuite rose orange à vernis brun, décor surpeint, rehauts blancs, rouges et jaunes 330-320 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Apulie Lieu de découverte : Inconnu Paris, en 1913 | Alabastre aux chiens courants Terre cuite jaune à figures noires, à vernis brun et rehauts rouges, incisée 625-600 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Étrurie Lieu de découverte : Inconnu Don de Daniel Œhlert, Laval, en 1912 | Cratère en cloche dit « à la poursuite amoureuse » Terre cuite à figures rouges, rehauts blancs et jaunes 340-320 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Apulie Lieu de découverte : Inconnu Achat en 1896 | Plat à anses à profil féminin Terre cuite à figures rouges, rehauts blancs et jaunes 325-300 avant J.-C. Lieu de fabrication : Italie, Apulie Lieu de découverte : Inconnu Achat chez l’antiquaire Sommereisen, Paris, en 1905 | Hydrie aux cômastes Terre cuite orange à figures noires, vernis brun-noir, rehauts rouges et incisions Lieu de fabrication : Italie, Grande-Grèce Lieu de découverte : Inconnu Achat chez l’antiquaire Galanis en 1897 |
L’influence Arabo-Normande : Le Coffret St Tugal

12e siècle
Lieu de fabrication : Italie, Sicile, Palerme ?
Achat à Henri de la Broise, Laval, en 1893
La Sicile, et sa capitale Palerme, est un centre important de travail de l’ivoire. Le commerce de ce matériau précieux est alors aux mains des Fatimides d’Égypte qui l’expédient sous forme de plaques prédécoupées. Le coffret dit de Saint-Tugal porte un décor d’inspiration persane. Son répertoire iconographique (fauconniers à cheval, lapins, cerfs, perroquets, paons et fleurs stylisées) démontre la survivance de l’art islamique dans la Sicile de l’époque. Le motif du guépard poursuivant une gazelle pourrait être rattaché à la tradition de la chasse au guépard, héritée d’Égypte et mise à la mode en Perse puis en Occident.
Les précieux coffrets et boîtes en ivoire circulent tout d’abord à travers l’Europe comme cadeaux diplomatiques, puis sont rapportés par les croisés les plus fortunés. Détournés de leur fonction initiale, ils peuvent recevoir de saintes reliques malgré leur ornementation profane.
Le coffret, parvenu à Laval dans des circonstances inconnues aurait été donné par Anne de Laval, veuve du comte Guy XIII, à la collégiale Saint-Tugal pour servir de reliquaire.
Le coffret garde des traces de polychromie originale (or, bleu, vert et rouge) ainsi que des repeints postérieurs (certains traits noirs, dorure et rouge). Le bleu a presque entièrement disparu. Les traces vertes visibles à sa place indiquent la forte teneur en cuivre du pigment. La mise en couleur des détails imprimés est une interprétation s’appuyant sur un rapport de restauration de 2004.
Adaptation asiatique à la demande mondiale

Vase-bouteille
Porcelaine
1747
Lieu de fabrication : Japon
Achat en 1901 Ce vase-bouteille est un exemple prestigieux de l’adaptation des produits japonais pour le marché européen. Réalisé au Japon, il est orné du portrait de Wilhelm Charles Henri Friso, prince d’Orange-Nassau, connu sous le nom de Guillaume IV. Stathouter de la République des Provinces-Unies (Pays-Bas actuels), il est également directeur général de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. La date de 1747 inscrite sous ses initiales correspond au rétablissement du Stathoudérat.









| Fourchette Corne ajourée 19e siècle ? Lieu de fabrication : Chine Mode d’acquisition inconnu | Cuillère Corne ? et cuivre ciselé et doré 18e siècle Lieu de fabrication : Chine Mode d’acquisition inconnu | Couteau Manche en porcelaine à décor polychrome et lame en métal argenté 18e siècle, 1ère moitié Lieu de fabrication : manche : Chine, manufacture de Jingdezhen ; lame : Europe |
| Théière et son couvercle Théière et couvercle en porcelaine à émaux polychromes 18e siècle Lieu de fabrication : Chine, manufacture de Jingdezhen Mode d’acquisition inconnu | Vase d’exportation Vase en porcelaine et monture en métal doré Époque Meiji (1868-1912) Lieu de fabrication : Japon, Arita Mode d’acquisition inconnu | Cafetière Argent et bois 19e siècle, 2e quart Lieu de fabrication : France, Paris Legs d’Albert Després, Laval, en 1919 |
| Tasse à thé et sa soucoupe Porcelaine à décor d’oxyde de cobalt sous glaçure et dorure Vers 1710 Lieu de fabrication : Japon, Arita Achat chez l’antiquaire Sommereisen, Paris, en 1908 | Sucrier d’exportation à décor Louis XVI Porcelaine à émaux polychromes, famille rose Vers 1760 Lieu de fabrication : Chine, manufacture de Jingdezhen Achat en 1908 | En cours |

Nature Morte
Huile sur carton
20e siècle, 1ère moitié
Don de Paul Jamot, Paris, en 1933




| Tasse d’exportation Porcelaine type coquille d’œuf Vers 1867 Lieu de fabrication : Japon Mode d’acquisition inconnu |
| Bol d’exportation Émaux polychromes sur cuivre ajouré 18e-19e siècle Lieu de fabrication : Chine, Canton Mode d’acquisition inconnu |
| Saladier d’exportation Porcelaine à émaux polychromes et dorure 18e siècle, 4e quart Lieu de fabrication : Chine Lieu d’exportation : Thaïlande Mode d’acquisition inconnu |
| Plat d’exportation Émaux polychromes sur porcelaine céladon et monture style Louis XVI en métal doré 19e siècle, fin Lieu de fabrication : porcelaine : Chine, manufacture de Jingdezhen ; décor peint : Canton ; monture : Paris |


| En cours | Tasse à thé et sa soucoupe Porcelaine à décor d’oxyde de cobalt sous glaçure et dorure Vers 1710 Lieu de fabrication : Japon, Arita Achat chez l’antiquaire Sommereisen, Paris, en 1908 |









| Plat Porcelaine cuite au sable Vers 1640, période de transition entre les dynasties Ming et Qing Lieu de fabrication : Chine, manufacture de Jingdezhen Achat à la fille de Gustave Posno, Le Caire, en 1907 | Assiette d’exportation aux armoiries d’une famille bretonne (Le Brun des Rochettes) Porcelaine à émaux polychromes, famille rose Vers 1770 Lieu de fabrication : Chine, manufacture de Jingdezhen Achat à Emmanuel Baglin, Laval, en 1911 | Assiette Anonyme, Lieu de fabrication : Japon Inconnu |
| Bol d’exportation Porcelaine peinte de style Kraak 17e siècle Lieu de fabrication : Chine, manufacture de Jingdezhen Mode d’acquisition inconnu | En cours | Assiette Anonyme, Lieu de fabrication : Japon Inconnu |
| Assiette en faïence Lunéville, 18e siècle | Assiette en faïence Lunéville, 18e siècle | Assiette et plat Faïence à émail stannifère, décor en camaïeu bleu de grand feu 18e siècle Lieu de fabrication : Pays-Bas, Delft Mode d’acquisition inconnu |


| Assiette Faïence 18e siècle, 1ère moitié Lieu de fabrication : Pays-Bas, manufacture de Delft Mode d’acquisition inconnu | Assiette Faïence 18e siècle, 1ère moitié Lieu de fabrication : Pays-Bas, manufacture de Delft Mode d’acquisition inconnu |


| Pique-fleurs et son couvercle Faïence à émail stannifère, décor en camaïeu bleu de grand feu 17e siècle, 4e quart ou 18e siècle Lieu de fabrication : Pays-Bas, Delft Mode d’acquisition inconnu | Vase-bouteille Faïence à émail stannifère, décor en camaïeu bleu de grand feu 17e siècle, 4e quart ou 18e siècle Lieu de fabrication : Pays-Bas, Delft Mode d’acquisition inconnu |
Retour à l’Antique









| Alphonse Gustave CIEUTAT (? – 1928) d’après Louis-Simon BOIZOT (1743-1809) La Leçon de l’Amour Biscuit de porcelaine Avril 1899 Lieu de fabrication : France, manufacture de Sèvres Dépôt de la Cité de la Céramique, Paris, en 1910 | Assiette parlante Vue de la porte Saint-Denis à Paris Faïence fine, décor imprimé en noir 1804-1824 Lieu de fabrication: France, Manufacture de Choisy-le-Roi Mode d’acquisition inconnu | Paire de chandeliers Bronze doré et ciselé 18e siècle, 4e quart Lieu de fabrication : France Mode d’acquisition inconnu |
| Paul FLANDRIN (1811-1902) Campagne à Rome Huile sur toile 1840 Achat à l’artiste en 1874 | Lampe docimastique ou fontaine de feu Bronze, cuivre et fer ; socle en marbre 1er quart du 19e siècle (premier Empire) Lieu de fabrication : France Achat à Mme Lévy, Paris, en 1917 | Alfred de CURZON (1820-1895) Vue de Picinisco Huile sur toile 1853 Mode d’acquisition inconnu |
| Vase en forme de gourde Majolique 18e siècle Lieu de fabrication: Italie, Castelli Legs Ernault de Moulins, Laval, en 1930 | Vase Boileau Diéterle Porcelaine 1855 Lieu de fabrication : France, manufacture de Sèvres Dépôt de la Cité de la céramique, Paris, en 1910 | Cache-pot et sa soucoupe Apollon et les Muses « Jaspe » (biscuit de porcelaine teinté dans la masse et décors en reliefs fixés à la barbotine) 1774-19e siècle, 1ère moitié Lieu de fabrication: Angleterre, Stoke-on-Trent, manufacture Wedgwood Mode d’acquisition inconnu |

Lot de boutons
Papier imprimé sous verre et cuivre19e siècle, 1er quart
Lieu de fabrication : Europe, Mode d’acquisition inconnu
Ces boutons ornés de portraits de souverains hellénistiques dérivent directement des profils visibles sur les pièces de monnaies antiques témoignant d’une connaissance approfondie en numismatique au sein d’une élite savante.
Les souverains hellénistiques peuvent se reconnaître au ruban en soie, le diadème, qu’ils portent noué dans les cheveux et dont les deux pans retombent sur les épaules. Parmi ces neuf boutons, Alexandre le Grand est identifiable grâce aux cornes de bélier l’érigeant au rang des dieux.

Portraits de femme
Huile sur toile
19e siècle, 1er quart

Idéal pays
Huile sur toile
1896
Don de l’artiste en 1900




| Plaque à décor de ruines antiques Faïence à décor polychrome de grand feu 18e siècle, 1ère moitié Lieu de fabrication: Italie, Castelli Mode d’acquisition inconnu | ANONYME La Valse Estampe colorée sur papier 19e siècle, 1er quart Lieu de fabrication : France Mode d’acquisition inconnu | Jacques-Simon CHÉREAU (mort en 1810) La Balançoire Eau-forte colorée sur papier 1804-1810 Lieu de fabrication : Paris, 257 rue Saint-Jacques Mode d’acquisition inconnu |
| Gaetano GANDOLFI (1734-1802), attribué à Amours lutinant une chèvre Huile sur toile 18e siècle, 2e moitié Lieu de fabrication: Italie, Bologne Mode d’acquisition inconnu |

Les Paysages de Télémaque dans l’île de Calypso
Papier imprimé contrecollé sur toile
19e siècle (édition originale 1818)
Lieu de fabrication : France, Paris, manufacture Dufour
Don d’Henri Boucrel, Laval, avant 1941
Au 19e siècle, le papier peint panoramique est particulièrement en vogue pour décorer les salons des demeures bourgeoises. Ces scènes composées d’une suite de lés sans répétition de motifs donnent l’illusion de fresques murales. Contrairement à leur appellation, les papiers ne sont pas peints à la main mais imprimés à la planche, en série de 100 à 200 exemplaires, d’après des gravures déjà diffusées ou des dessins spécialement commandés à des artistes.
Ce panoramique Paysages de Télémaque se réfère au roman Les aventures de Télémaque de Fénelon lui-même inspiré de l’Odyssée d’Homère. La scène représente Mentor et Télémaque faisant le récit de leurs aventures à Calypso entourée de ses nymphes près d’une fontaine.
Egyptomanie

Meuble égyptien
Toile de coton imprimée au rouleau
19e siècle, 1er quart (dessin de 1808)
Lieu de fabrication : France, Jouy-en-Josas, manufacture Oberkampf
Don de Guy Ramard, Laval, en 1924

Pot à lait
« Rosso antico »
Pot à lait
« Rosso antico » (faïence fine teintée dans la masse et décors en relief fixés à la barbotine), Vers 1810, Lieu de fabrication : Angleterre, Stoke-on-Trent, manufacture Wedgwood, Mode d’acquisition inconnu
Imitant la forme d’une lampe à huile, ce pot à lait rosso antico (rouge antique) fait partie d’un service à thé, typique du mode de vie anglais. Il présente un décor en bas-relief rouge, en barbotine, sur deux registres sur fond noir. Les motifs sont égyptisants : disque solaire ailé, sphinx, oiseau à tête d’homme symbolisant l’âme du défunt, sistre (instrument de musique), crocodiles. Les éléments décoratifs sont associés les uns aux autres de façon aléatoire et sans souci de signification particulière mais avec pour seule ambition d’offrir une combinaison esthétique de motifs.

Ruines de Karnac à Thèbes
Huile sur toile
1863
Achat à l’artiste en 1863
Les Ruines de Karnac à Thèbes témoignent de l’intérêt de Charles-Théodore Frère pour les vestiges et ruines de l’Égypte antique. La scène exotique du camp bédouin se déroule au cœur d’éléments architecturaux parfaitement identifiables. Se retrouvent l’allée de sphinx à gauche partiellement ensablée, une porte monumentale, des pylônes, une colonne à chapiteau et deux obélisques à droite qui rythment l’horizon et composent une perspective. Cinq ans après la réalisation du tableau, le temple d’Amon fera l’objet d’une première campagne de fouille, sous la direction du français Auguste Mariette, premier égyptologue de terrain. Ce type de paysage de ruines habitées a beaucoup plu au jury du Salon et à une clientèle passionnée par la redécouverte des sites pharaoniques.


| Antoine BOVY (1795-1877), graveur Médaille commémorant la Campagne d’Égypte en 1798 Bronze moulé et ciselé 1841 Lieu de fabrication : France, Monnaie de Paris Mode d’acquisition inconnu | Jacques-Jean BARRE (1793-1855), graveur Médaille commémorant la publication de la Description de l’Égypte Bronze moulé et ciselé 1826 Lieu de fabrication : France, Monnaie de Paris |
Orientalisme

Massacre des Mamelouks
Huile sur toile
1865
Achat à la galerie Glatz, Paris, en 1865
Ce tableau est la copie d’une toile d’Horace Vernet. L’œuvre illustre le massacre perpétré en 1811 au Château du Caire. Alors que le pays est sous domination ottomane, le pacha d’Égypte, Méhémet Ali, décide d’affirmer son autorité en exécutant 300 mamelouks, milice d’élite au pouvoir depuis le 13e siècle. Le pacha se déclarant francophile et tourné vers la modernité, cet événement déstabilise l’Occident et la France en particulier.
La mise en scène traduit un point de vue européocentré. Elle révèle une vision caricaturale du pacha oriental et de la vie fastueuse de sa cour. Il fume le narguilé, impassible, le visage fermé, et n’a pas un regard pour le violent affrontement qui se déroule en arrière-plan. La tente, les tapis, la présence d’un lion et d’un esclave noir, les costumes et la vaisselle témoignent d’un grand luxe.
Ensemble d’études réalisées lors de ses voyages au Maghreb et au Moyen-Orient
Huiles sur papier ou toile contrecollées sur carton, 1875-1876
Don de l’artiste en 1899












L’Aveugle de Biskra
Huile sur toile
1885
Ancien dépôt de l’État ayant fait l’objet d’un transfert de propriété à la Ville de Laval en 2013
Peintre académique, Charles Landelle connaît un brillant parcours artistique et succombe à la mode orientaliste à la suite de ses voyages en Égypte, Palestine, Maroc et notamment en Algérie qu’il découvre en 1881.
Il peint L’Aveugle de Biskra lors de son deuxième voyage en Algérie en 1885. Dans un décor désertique, il propose une œuvre pittoresque au cadrage serré. Le vieillard, aveugle et au visage ridé, est pieds nus et porte un burnous blanc, manteau typique du Maghreb. De la main gauche, il s’appuie sur l’épaule d’une fillette, vêtue de haillons et mendiante. Son regard, souligné de khôl, semble interpeller le spectateur.
Pour cette œuvre, l’observateur est libre de son interprétation et peut y lire un récit biblique (Moïse et Aaron errants dans le désert, Isaac aveugle et son fils Jacob, Bélisaire dans le désert…). Charles Landelle indique en effet dans ses correspondances que les scènes qu’il a observées en Algérie et Palestine lui ont évoquées les premiers temps chrétiens.

Acier, fer, laiton ciselé, bois, os incrusté, gravé et coloré, argent repoussé
19e siècle
Lieu de fabrication : monture et garniture : Maghreb ; platine à la miquelet et canon : Espagne
Mode d’acquisition inconnu

Terre cuite moulée
19e siècle, 4e quart
Lieu de fabrication : France, Givet, manufacture Gambier
Mode d’acquisition inconnu
Japonisme



| Flacon à parfum Verre soufflé, émaillé et doré Nancy 4e quart du 19e siècle -1904 | Modèle réduit de maison japonaise Bois, papier et vannerie 19e siècle, 2e moitié Lieu de fabrication : Japon Mode d’acquisition inconnu | Léopold RIDEL (1852-1910) Flamands Encre et crayon rehaussé d’aquarelle sur papier 1892 Don de l’artiste en 1912 |


| Kitagawa UTAMARO (1753-1806) Enfant renversant un bassin de poissons rouges Xylographie polychrome sur papier de riz À partir de 1781 Lieu de fabrication : Japon, Edo (ancien nom de Tokyo) Don d’Adrien Bruneau, Laval, en 1947 | Katsukawa SHUNCHÔ (1726-1793), dessinateur, EIJUDO, éditeur Femmes et enfant sous un saule-pleureur Xylographie polychrome sur papier de riz 1770-1790 Lieu de fabrication : Japon, Edo (ancien nom de Tokyo) Don d’Adrien Bruneau, Laval, en 1947 |

Coupe
Verre moulé et fumé, décor émaillé,
Le décor émaillé est une technique propre aux pays d’Europe. Ici, les motifs sont présentés sans arrière-plan et dans un cadrage serré. Cette synthétisation renvoie à l’art de l’estampe japonaise. Pour cette création, l’artiste s’inspire de la nature et représente notamment des éléments floraux aux lignes animées et sinueuses. Les nénuphars rappellent l’iconographie nippone tout comme la libellule, symbole de force et courage et qui est ici reprise pour sa dimension poétique.

Éventail et son étui
Baguettes en bois laqué, papier peint à la gouache
Vers 1850
Lieu de fabrication : Chine, province de Jiangsu
Mode d’acquisition inconnu
Le décor des baguettes représente un paysage agrémenté d’architectures et de personnages dorés. Celui de la feuille de papier est un lavis montrant des lieux romains à l’intérieur de plusieurs médaillons. Au centre, se trouve la place Saint-Pierre de Rome et de chaque côté des ruines antiques : colonnes, pyramide de Cestius, forum romain.
Des recherches récentes ont permis de déchiffrer les idéogrammes inscrits sur l’étui qui indiquent l’emplacement du magasin dans la préfecture de Chong’an sur la côte est chinoise. Cet éventail n’est donc pas japonais mais chinois. Cette ambiguïté au sujet des provenances des objets est alimentée par le fait que des objets japonais sont arrivés en Europe par l’intermédiaire de la Chine et que des productions chinoises ont profité du japonisme pour proposer des imitations de produits japonais.





