Auguste-Paul Anastasi, Cascatelles de Tivoli

Formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris par Delaroche et Corot, Anastasi (Paris, 1820 – Paris, 1889) se forge très vite une notoriété comme peintre paysagiste. En forêt de Fontainebleau, il fréquente les peintres de Barbizon et, dès 1843, expose au Salon des paysages peints sur le motif. Il se plaît à évoquer les forêts d’Ile de France, les campagnes normandes mais également les rivières hollandaises ou comme ici les paysages italiens.

En 1869, il perd brutalement la vue, souffrant sans doute de la même maladie que son père également aveugle. Son entourage organise alors une vente de ses œuvres qui le met à l’abri du besoin jusqu’à sa mort.

Tivoli est l’un des paysages les plus prisés des artistes qui, aux XVIIIe et XIXe siècles, effectuent leur Grand Tour. Dominé par la petite cité perchée sur son piton rocheux d’où déferlent des cascades, le site pittoresque impressionne par la beauté d’une nature sublimée par le Temple de la Sibylle édifié au bord de la falaise.

Parfait coloriste, Anastasi multiplie les variations chromatiques et peint ici un paysage à l’horizon bleuté contrastant fortement avec un premier plan où s’opposent ombre des bosquets et chaude lumière du soleil. L’artiste reprend les codes de la tradition académique et nous livre sa vision idéalisée d’un paysage italien antiquisant.

Scarabée funéraire

La vie posthume ayant une importance considérable dans l’Egypte antique, les amulettes sont des objets fondamendaux des rites funéraires égyptiens. Elles étaient placées sous les bandelettes de la momie, positionnées sur l’organe ou le membre qu’elles protégeaient plus particulièrement. Leur rôle était de préserver le corps du défunt jusqu’au jour du jugement. Fabriquées en faïence recouverte de glaçure, ou en jaspe rouge, feldspath vert, turquoise bleu ou bien encore en quartz jaune, elles représentaient des dieux, des symboles du pouvoir (trône, sceptre…), des végétaux et animaux protecteurs.

Le scarabée sacré ou bousier confectionne une pelote d’excréments de mammifères qu’il transporte jusqu’à son terrier afin d’y pondre un œuf. Pour les Egyptiens de l’Antiquité, le scarabée poussant sa boule symbolise la course du soleil dans le ciel. Le coléoptère incarne donc le dieu solaire qui réapparaît tous les matins.

Symbole de renaissance, l’amulette funéraire du scarabée est cousue sur les bandelettes près du cœur du défunt. Dans l’Egypte antique, cet organe est le siège de la conscience et, à ce titre, est pesé devant le tribunal des dieux présidé par Osiris.

L’amulette possède 6 trous d’attache dont quatre prévus pour y attacher des ailes, l’envol du coléoptère signifiant le passage du défunt à l’éternité.

Cette amulette provient de la collection de Gustave Posno, joailler néerlandais ayant résidé au Caire et grand amateur d’antiquités qui a réuni une prestigieuse collection d’antiquités égyptiennes, romaines, syriennes et perses. Cette collection est partiellement dispersée à l’Hôtel Drouot en 1883. Les musées parisiens comme le Louvre, le Petit-Palais, ainsi que ceux de Berlin et de Copenhague s’y partagent les lots.

En 1906, la fille de Gustave Posno, résidant à Champigny-sur-Seine, est mise en relation avec Auguste Alleaume, directeur du musée de Laval, et lui propose l’achat d’objets issus de la collection de son père. Les archives du musée sont très incomplètes mais il semble qu’il y ait eu deux acquisitions, l’une en 1906, l’autre en 1908, enrichissant le fonds de 174 objets les plus divers provenant d’Egypte, d’Asie, d’Asie mineure, d’Afrique et de Russie.