Coupe à la libellule

Cette petite coupe en verre brun porte au revers de la base la signature de l’exceptionnel maître verrier et céramiste, Emile Gallé (1846 – 1904). Le récipient au col festonné présente un décor émaillé de nénuphars en frise et d’une libellule. Le fondateur de l’École de Nancy a une totale admiration pour la nature et la multiplicité de ses formes et couleurs. Il étudie les plantes, les feuilles, les insectes et imagine des décors naturalistes dont les lignes souples apportent de la légèreté aux volumes. La libellule, avec la cigale et la mante religieuse, est l’un des insectes les plus représentés par Gallé qui, fasciné par cet insecte symbole de renouveau, se surnomme lui-même « l’amant des frissonnantes libellules». Aux motifs végétaux, il associe donc de frêles insectes posant le principe que « si une plante est belle par elle-même, les êtres ailés qui passent leur vie à ses côtés lui apportent un charme particulier».

Pieter Boel, Un aigle et deux spatules

Pieter Boel (Anvers, 1622 – Paris, 1674), artiste d’origine flamande, fut le peintre ordinaire de Louis XIV et surtout l’un des peintres animaliers les plus réputés du XVIIe siècle. Formé auprès de son père, lui-même graveur, il séjourne ensuite en Italie, puis retourne à Anvers où il est mentionné comme peintre jusqu’en 1668. Peu après, il s’installe à Paris et, auprès de Charles Le Brun, est chargé d’exécuter des études pour servir aux tapisseries de la manufacture des Gobelins. Entre 1669 et 1671, il réalise pour la tenture dite « des Maisons royales », 81 études d’oiseaux et de mammifères, pensionnaires de la Ménagerie royale de Versailles. Ces études seront transférées des Gobelins au musée du Louvre avant d’être en partie dispersées dans divers musées de province.

Un Aigle et deux spatules et Cinq tortues appartiennent à cette série d’études. Se détachant sur des fonds brun-rouge, les animaux brossés par l’artiste sont cernés d’une auréole verte, bleue ou marron. Fin observateur, Pieter Boel peint un bestiaire en posture naturelle, au repos ou en mouvement, et parvient habilement à figurer les fins détails de la carapace des tortues, l’œil attentif de l’aigle, les pattes élégantes des spatules.

Les deux tableaux, longtemps attribués à François Desportes, ont été exposés au Louvre en 2001 et au château de Versailles en 2009.

Pieter Boel, Un aigle et deux spatules
Pieter Boel, Cinq tortues