Les oeuvres du moment


Tombeau de Béatrix de Bretagne

Béatrix de Bretagne (1295 – 1384) est la fille d’Arthur de Bretagne et de Yolande de Dreux, comtesse de Montfort. En 1315, elle épouse Guy X, seigneur de Laval. Ses deux fils succèderont à leur père à la seigneurie de Laval et de Vitré. À son décès en 1384, Béatrix de Bretagne sera inhumée à l’abbaye cistercienne de Clermont (Olivet), nécropole de la famille de Laval.

En 1792, les moines de Clermont sont chassés et l’abbaye est vendue comme bien national. L’église est alors convertie en dépendance agricole. Les tombeaux qui s’y trouvent, classés Monuments Historiques en 1862, sont vendus à la Ville de Laval en 1911 afin d’être sauvegardés. Leur transfert et installation dans la salle d’honneur du château n’auront lieu qu’en 1936.

Dans l’église abbatiale, le tombeau de Béatrix de Bretagne faisait face à celui de son fils, Guy XII (1327-1412). Les deux monuments en pierre calcaire de Chauvigny (Vienne) sont très proches stylistiquement et ont probablement été édifiés à la même période.



Etienne Bouillé, Matinée de juin à Pors-Even

Etienne Bouillé (Villers-Saint-Benoit, 1858 – Perros-Guirec, 1933), comme de nombreux peintres de la fin du XIXe siècle, découvre la Bretagne et ses paysages pittoresques. Conquis par la beauté de cette région, il s’installe à Guingamp en 1892 puis réside à Perros-Guirec à partir de 1914. Il expose très régulièrement dans tout l’Ouest mais également à Paris, au Salon des Artistes Français, et fonde en 1902 la Société des Amis des Arts de Bretagne.

Son œuvre s’inspire essentiellement de la Bretagne qu’il explore sans cesse. Il peint la mer et les activités portuaires, les villages, les monuments pittoresques, les travaux agricoles et les scènes de piété populaire. Ses toiles sont élaborées à partir d’études faites sur le motif complétées, à partir de 1892, de photographies qui lui permettent de figer une scène. Matinée de juin à Pors-Even reprend cette méthode de travail particulière : une petite étude du paysage a été peinte sur bois tandis que les femmes, l’une arrachant les pommes de terre, l’autre scrutant la mer, ont été photographiées individuellement. Les Archives départementales des Côtes d’Armor conservent la collection photographique de l’artiste constituée de 622 négatifs sur plaques de verre.



Maurice Chabas, Idéal Pays

Maurice Chabas (Nantes, 1862 – Versailles, 1947) est un peintre atypique qui, de façon simultanée, produit une œuvre aux esthétiques les plus diverses. Passant indifféremment d’un académisme au Symbolisme, au Nabi ou à une certaine abstraction, il refuse de s’inscrire dans une esthétique unique et cherche avant tout à élever l’esprit et à révéler la Beauté. Ses réflexions métaphysiques et sa quête spirituelle le mène à fréquenter des théologiens, des mystiques hindoux, des astronomes comme Camille Flammarion, des spirites et occultistes dont Joséphin Péladan, fondateur du Salon de la Rose-Croix où il expose de 1892 à 1897.

L’influence de Puvis de Chavanne se retrouve dans Idéal Pays tant par le style de la composition que par le sujet traité : dans une nature intemporelle (sans doute le mythique mont Parnasse), les muses incarnant les arts contemplent les eaux du lac, probables symboles de l’inconscient et du secret des origines. Il se dégage de cette vision allégorique de l’Art, une poésie élégiaque et une atmosphère onirique caractéristiques des Symbolistes.



Prosper Saint-Germain, Un mariage en Basse-Bretagne

Exposé au Salon des artistes français de 1863, ce tableau fut donné par l’Empereur au musée de Laval en 1864.

L’artiste, Prosper Saint-Germain (1804-1875), passionné par le folklore breton, se veut le peintre du pittoresque. Il détaille avec minutie les tenues vestimentaires, l’architecture et les ornements religieux. Désirant donner une parfaite image d’harmonie sociale, il met en scène de riches paroissiens, vêtus de somptueux costumes, faisant humblement l’aumône aux pauvres, résignés mais dignes. L’Eglise, symbolisée par le porche de l’enclos, apparaît alors comme le garant de cet ordre social.

Pour la petite anecdote, on peut noter que, se jouant d’un certain réalisme, Prosper Saint-Germain a peint le superbe porche de l’enclos de Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) tout en localisant sa scène sur la commune de Briec.