Les musées


Naïfs et Singuliers

Le musée d’Art naïf, installé dans le monument phare de la ville, est le seul établissement municipal présentant une collection permanente. Créé en 1967 à l’initiative des artistes Jules Lefranc et Andrée Bordeaux Le Pecq, il est alors le premier et unique établissement français consacré à l’Art naïf.

Le terme de Naïf a été employé dès la fin du 19e siècle afin de qualifier les œuvres du Douanier Rousseau. Utilisée tout d’abord de façon péjorative, cette dénomination, bien qu’inadaptée, reste aujourd’hui le vocable le plus usité pour désigner les productions d’artistes autodidactes pratiquant un art qui se situe en dehors de toute catégorie stylistique.

L’Art naïf n’a pas d’école, ni de théorie et toute classification reste sujette à caution. Chaque peintre naïf a son propre imaginaire et sa propre expression picturale. Éloigné des conventions plastiques, l’Art naïf apparaît comme l’une des sources de l’Art moderne. Les acteurs les plus importants de l’avant-garde artistique comme Picasso, Delaunay ou Kandinsky vont ainsi s’intéresser, voire emprunter, à cet art spontané bien éloigné de l’enseignement dispensé par les écoles des Beaux-Arts.

 

Depuis plusieurs années, la politique d’enrichissement du musée s’élargit aux artistes dits Singuliers et met en évidence des passerelles entre deux formes d’art populaire aux frontières bien imprécises.

Le concept d’Art Singulier est apparu dans les années 1970. Ces « Singuliers de l’Art » sont découverts par le grand public en 1978 lors d’une importante exposition tenue au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Le concept met en avant des artistes hors-normes, à mi-chemin entre l’Art naïf et l’Art brut, et qui, par leurs nombreuses innovations plastiques, apportent un nouveau souffle à la création autodidacte.

 

Beaux-Arts et Arts décoratifs

Constituée à partir de 1836 en fonction des centres d’intérêt des responsables successifs, la collection Beaux-Arts et Arts décoratifs forme un musée encyclopédique caractéristique des établissements fondés au 19e siècle.

Il comprend plus de 13 000 œuvres dont 400 peintures, 1600 dessins, 730 gravures, 600 armes, 750 céramiques et 200 objets d’ethnographie asiatique et africaine.

A cette collection se rajoute celle du musée-école de la Perrine, établissement original fondé par Adrien Bruneau en 1936. A la fois école d’initiation artistique et musée pédagogique, l’organisme dispense un enseignement du dessin et des arts appliqués à partir de collections rassemblées par le fondateur en fonction du projet éducatif.

Aujourd’hui entièrement conservé en réserves, ces deux fonds sont toujours étudiés et mis en valeur dans le cadre de prêts, de dépôts et d’expositions temporaires.

 

Les collections scientifiques de la ville de Laval

Les collections scientifiques de la ville de Laval trouvent leur naissance en 1801 dans l’école centrale située dans l’ancien couvent des Ursulines de Laval. Puis elles déménageront en 1833 pour aller à l’Hôtel de ville et en 1840 pour la bibliothèque municipale, située place Saint-Tugal. C’est à ce moment là que le musée s’est véritablement constitué.

Il occupait tout le rez-de-chaussée de la bibliothèque et était divisé en un musée d’histoire naturelle et un musée d’archéologie. Les collections déménageront une troisième fois vers 1912 pour occuper les salles du Vieux-Château. Les collections d’histoire naturelle seront transférées une nouvelle fois en 1974 pour être présentés et conservés dans l’ancien musée des Beaux-Arts situé au 21, rue du Douanier Rousseau prenant alors la dénomination de Musée des Sciences ; la collection d’archéologie restera au Vieux-Château. Depuis 1996, toutes les collections sont entièrement confinées dans les réserves du Musée des Sciences mais elles sont toujours étudiées et mises en valeur dans le cadre de prêts, de publications scientifiques et d’expositions temporaires.

Naturellement, les collections n’ont pas cessé de s’enrichir durant ces deux cents ans d’existences. Le Musée des Sciences possède aujourd’hui plus de 130 000 spécimens naturels et objets de sciences et techniques dont 60 000 fossiles, 30 000 planches d’herbiers, 20 000 roches et minéraux, 7 000 coquillages, 5 000 ossements et squelettes d’animaux actuels, 700 oiseaux, 100 mammifères, 300 objets (vieux instruments de physique, vélocipèdes anciens…)…