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Le Rousseau est un faux !


Le verdict vient de tomber : le tableau donné en 2017 comme étant une oeuvre du Douanier Rousseau est faux.

PETITE HISTOIRE D’UN FAUX

En août 2017, un donateur anonyme dépose à l’accueil du Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers un tableau attribué au Douanier Rousseau intitulé Paysage avec pêcheur.

Le tableau était accompagné d’une enveloppe contenant un courrier dans lequel le donateur expliquait son geste et précisait sa volonté de rester anonyme. Était également jointe une photographie noir et blanc de l’œuvre portant, au verso, un certificat d’authenticité manuscrit signé de Dora Vallier, en date du 3 décembre 1995.

L’œuvre, par son iconographie et son traitement, peut être rapprochée d’autres paysages du sud-est parisien peint par Henri Rousseau. Celui-ci, en faction aux portes de la Ville, s’est fréquemment laissé inspirer par la banlieue champêtre.

Les motifs caractéristiques de son répertoire se retrouvent :

            Silhouettes des promeneurs et du pêcheur qui animent la scène

            Cheminée d’usine, symbole des progrès de l’ère industrielle

            Pont dominé par la ligne de collines fermant la composition

            Végétation aux formes élémentaires contrastant avec un arbre élancé au feuillage            délicat

            Palette à dominante verte

            Camaïeu d’ocres pour dessiner la ligne de colline et le tas de sable

L’œuvre porte, en bas à gauche, la signature « Henri Rousseau ». Au revers, sont collées deux étiquettes de galeries : l’une de la Galerie Charpentier pour l’exposition « Primitifs d’aujourd’hui » de 1964 ; la seconde de la Galerie A.M. Reitlinger.

Le donateur n’a fourni aucune indication de provenance de l’œuvre et, malgré les recherches effectuées, l’historique du tableau n’a pu être retracé.

L’absence de références bibliographiques et d’éléments probants sur la provenance laissait un doute sur l’attribution à Rousseau.

Dans le cadre de cette problématique d’authentification, la ville de Laval s’est rapproché du C2RMF, le Centre de Restauration et de Recherche des Musées de France, afin de procéder à une analyse scientifique afin de vérifier la cohérence des matériaux et techniques.

Suite aux différents examens effectués par le C2RMF (radiographie, examen au microscope, campagne de spectrométrie de fluorescence X), il est possible de conclure que le tableau n’est pas une œuvre d’Henri Rousseau :

            Le tableau a été peint sur une composition sous-jacente représentant un paysage du 19e siècle de style classique.

            La signature a été tracée avec du blanc de titane, pigment breveté en 1915-17 puis commercialisé dans les années suivantes, soit bien après la mort d’Henri Rousseau décédé en 1910.

            L’ensemble de la composition est le siège d’un réseau de fausses craquelures peintes.