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La collection beaux-arts et arts décoratifs


Urne à « l’homme à l’araire » et son couvercle au personnage dormant


Originaire des ateliers de Chuisi en Etrurie, ce type d’urne cinéraire était très répandu sous l’Antiquité.
La face du récipient est façonnée en forme de cadre à bordure plate et unie, enfermant un espace sur lequel se détache en relief une scène de combat. Au centre de la composition, le héros brandit des deux mains un soc de charrue face à trois guerriers casqués, cuirassés, armés du bouclier rond et de l’épée. L’un d’eux atteint par la charrue ployant le genou gauche, et à demi renversé, se couvre de son bouclier. Un camarade se porte résolument à son secours tandis qu’un autre recule et fuit pour échapper au coup massif de l’engin.

Il s’agit de la célèbre bataille de Marathon, qui eut lieu en 490 av. JC entre les Perses et Athéniens. Le couvercle est orné d’une statuette représentant une femme enveloppée d’un peplos, couchée sur le côté gauche dans une posture endormie. Sa tête repose sur un oreiller. L’association du couvercle avec la cuve n’est pas certaine. Des restes de polychromies aux tonalités rouge et bleu subsistent encore.


Mortier à œil de perdrix


Entre le 13e et le début du 15e siècle, les ateliers de production de terres cuites se multiplient dans le bassin lavallois. Produit emblématique de cette période, le mortier dit à œil de perdrix se retrouve à travers toute la province du Maine. Le bord du récipient est orné d’un motif en relief fait de petits masques schématiques dotés de deux yeux circulaires. La panse est ornée d’un quadrillage également poinçonné.


Trousse de trépanation dite d’Ambroise Paré


Ambroise Paré est né au Bourg-Hersent en 1509. Chirurgien de quatre rois de France (Henri II, François II, Charles IX et Henri III), il est considéré comme le père de la chirurgie moderne grâce à la mise au point de la méthode de ligature des artères qu’il substitue à la cautérisation lors d’amputation. A l’origine d’importantes avancées dans l’art chirurgical, Paré est également novateur dans ses ouvrages qu’il rédige en français et non en latin. Cette particularité tout à fait exceptionnelle l’oppose à la toute puissante Faculté de Paris mais lui apporte la notoriété en rendant les publications médicales accessibles à tous.

L’attribution à Ambroise Paré du coffret de trépanation est fondée sur une tradition remontant au début du 20e siècle. En 1900, le donateur, Maître Montécot, notaire à La Baconnière, spécifie en effet que cet objet a été remis à son père par « un ex-chirurgien de la Grande Armée qui, n’ayant pas d’héritier, la lui avait donnée comme étant la trousse personnelle d’Ambroise Paré ». La mallette de maroquin noir à décor d’entrelacs contient quatorze instruments en acier dont un trépan, des mèches et des racloirs à manche d’ébène.


Sabre d’officier


Le sabre est à lame courbe ornée d’un soleil rayonnant, de trophées et de rinceaux. La poignée est en ébène sculpté et le fourreau en bois est recouvert de galuchat.
Il porte la signature du célèbre armurier Noël-Nicolas Boutet. Arquebusier ordinaire du roi Louis XVI, Boutet organisa la manufacture d’armes de Versailles sous la Révolution et en devint le directeur jusqu’en 1818. Il sut alors attirer les meilleurs artisans de France afin de produire des armes de luxe particulièrement raffinées.

Ce sabre d’officier a appartenu à Jean-Daniel Œhlert, dit le « Grand Pierrot » (1765-1814). Le capitaine, originaire du Haut-Rhin, vint en Mayenne à la tête d’une compagnie chargée de diriger la lutte contre les chouans. Reconnu pour sa bravoure et sa détermination, il grimpa rapidement dans la hiérarchie militaire et fut finalement nommé adjudant supérieur, chef de brigade en 1800.

En mémoire de son grand-père, Daniel Œhlert, géologue de renommée internationale et conservateur des musées de Laval de 1883 à 1920, a fait don de l’arme et d’un ceinturon en cuir brodé d’argent.


Papotier d’Avesnières


Cette figure grotesque en bois fruitier polychrome était fixée au bas du buffet d’orgue, daté de 1590, de la basilique Notre-Dame d’Avesnières. L’organiste, au moyen de certains tuyaux de la soufflerie, actionnait le mécanisme faisant s’ouvrir largement la mâchoire et tournant les yeux, l’un de haut en bas, l’autre de gauche à droite.

L’objet, dit papotier, de papoter, papotage, est caractéristique de la liturgie festive des 15e – 16e siècles. Les sculpteurs et facteurs d’orgues surchargeaient alors les buffets de carillons, automates vociférateurs, têtes grimaçantes et « menus attraffuz destinés à l’amusement des petits et des grands ».

Il reste en France peu d’exemples de ce type de figures animées. Celle de Laval, prélevée au moment du démontage du buffet d’orgue en 1878, fut jusqu’ici conservée dans une collection privée. La curiosité a été rachetée par la ville de Laval en 2006 au cours d’une vente publique à l’Hôtel Drouot.


Coffret reliquaire dit de Saint Tugal


De forme rectangulaire, le coffret est constitué d’une âme en bois recouverte de minces plaques d’ivoire maintenues par des chevilles et cornières. Il porte sur chaque face et sur son couvercle un décor de scènes de chasse au faucon ou au guépard, de gazelles, peint en rouge et vert et rehaussé de dorure. Le répertoire iconographique (paons, lièvres, cerfs, perroquets, fleurs stylisées, cavaliers…) montre la survivance de l’art islamique dans la Sicile du 13e siècle.

D’après la tradition, le coffret aurait été un cadeau diplomatique ou de mariage à l’un des seigneurs de Laval. Il fut donné par Anne de Laval, veuve de Guy XIII, à la collégiale Saint Tugal. Le coffret a alors été utilisé comme reliquaire pour conserver les restes du fondateur de l’évêché de Tréguier. A la destruction de la collégiale en 1791, la châsse revêtue de plaques d’argent qui le contenait est fondue et le coffret est remisé dans l’église de la Trinité avant de passer dans une collection privée. Les fragments d’ossements sont finalement transférés, au début du 19e siècle, dans un nouveau reliquaire en cuivre doré. Le coffret en ivoire est revendu, en 1893, au musée de Laval.


Utagawa Kunisada – L’Acteur Sawamura Tanosuke dans le rôle de Shirai Gompachi


Le dessinateur Utagawa Kunisada (1786-1864) fut l’artiste japonais le plus notoire et prolifique de son temps. Il est plus particulièrement connu pour ses très nombreuses estampes de femmes et d’acteurs du théâtre kabuki.

Sawamura Tanosuke incarne ici le jeune samurai Shirai Gompachi amoureux de la jeune Komurasaki vendue à un quartier de plaisirs par ses propres parents. Devenu voleur et assassin pour sauver sa bien-aimée, il est arrêté et exécuté. A la nouvelle de sa mort, la jeune Komurasaki se suicide sur la tombe de son amant.


Justine Corranson Le Suire – Portrait de Pierre-André Le Suire


Art minutieux du 18e siècle, les peintures miniatures ont un caractère à la fois sentimental et intimiste. Au même titre que les bijoux, ces objets accompagnent leur propriétaire partout.
Femme de Pierre-André Le Suire, Justine Corranson est née à Paris en 1753. Miniaturistes de métiers, les époux se sont prêtés au jeu du portrait où chacun représente fidèlement son conjoint. Ainsi, les musées de Laval conservent en réserves un portrait de Pierre-André réalisé par Justine et un autre d’elle-même réalisé par son époux.

Né à Rouen le 30 novembre 1742, ce dernier est également ancien sous-directeur de la Manufacture royale de Sèvres, agréé de l’Académie royale de peinture ainsi que pensionnaire de l’Etat.

La miniature peinte sur ivoire de Pierre-André Le Suire possède des qualités remarquables dans son exécution. L’artiste alors âgé de 41 ans, est représenté tenant une palette, la tête de trois-quart avec une expression très vivante, d’un modelé très ferme, d’un dessin savant et correct, le cou nu entouré d’un jabot de dentelles. La main qui tient la palette se dégage d’une large manchette, tandis que le vêtement se compose d’une étoffe de soie aux reflets changeants. Rien n’est négligé dans ce beau portrait et l’on ne peut qu’admirer la belle allure ainsi que la facture et la coloration de cette œuvre digne des maîtres portraitistes de cette époque.


Léo Lelée – Portrait d’une vieille arlésienne


Né en 1872 à Chemazé (Mayenne), Léo (Léopold) Lelée a été l’élève de Gaston Bertin au lycée de Laval, avant d’entrer à l’Ecole des Arts décoratifs de Paris puis à celle des Beaux-Arts où il est formé auprès de Pierre Victor Galland, décorateur de renom.

Après avoir été enseignant pendant deux ans à l’école des Arts industriels de Roubaix, il retrouve Paris et devient affichiste et illustrateur pour cartes postales.

En 1902, il découvre Arles, tombe sous le charme de la Provence ensoleillée et s’y installe définitivement en 1903.

Attaché au pittoresque et trouvant dans le folklore provençal le motif essentiel de son œuvre, il devient le peintre des Arlésiennes dessinant inlassablement leurs costumes et farandoles.