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Renaud Philippot

L’œuvre de Philippot résulte d’une inspiration spontanée et libre. Le trait semble enfantin, les contours simples et schématiques. Cependant, loin d’exprimer un univers merveilleux et onirique, proche de la joie et de l’innocence de l’enfance, l’artiste semble développer une réflexion sur l’homme et sur sa place dans la société.

Ed. Musées de Laval, 2018

Sous la dir. d’Antoinette Le Falher et Cyrielle Langlais.

Coll. du Petit MANAS illustré ; 4

34 pages

4.80 €

ISBN 978-2-9558832-4-2

 

 

 

Marie Audin // EXPOSITION 14 juillet – 16 septembre

Marie Audin, créatrice autodidacte et dermatologue de profession, a inventé sa propre technique, le pricking, en utilisant ses aiguilles médicales pour piqueter de petits trous son support teinté à l’encre ou à l’aquarelle.

Aux minuscules perforations, en relief si l’aiguille perce par en-dessous ou légèrement rentrées si le papier est piqué par le dessus, se rajoutent de la broderie et des ligatures de fils. Le tout dessine des compositions hésitant entre abstraction et figuration d’où émergent fréquemment des visages aux yeux écarquillés et à la bouche ouverte sur un cri silencieux.

 

Gratuit

 

Visites commentées de l’exposition :

Les dimanches à 15h30, du 15 juillet au 9 septembre

Les vendredis à 17h, du 20 juillet au 24 août

3 € – Visite commentée gratuite le 1er dimanche du mois.

 

Renaud Philippot // EXPOSITION 14 avril – 24 juin

Emprunter les chemins de la découverte est le maître mot du MANAS toujours soucieux de guider ses publics vers de nouveaux horizons. Pour la première fois, l’Art Brut est ainsi mis à l’honneur dans une exposition consacrée à Renaud Philippot, créateur développant une œuvre introspective résultant d’une inspiration spontanée et libre.

La peinture de Renaud Philippot s’avère plus complexe qu’elle ne pourrait sembler au premier regard. L’artiste nous livre un univers coloré où explosent des bleus, jaunes, verts et roses éclatants. Les couleurs franches apposées en larges aplats s’épanouissent en lignes courbes couvrant tout le support qui, au fur et à mesure de la pratique de l’artiste, se fait de plus en plus grand.

Le peintre fixe sur toile ou sur carton des sujets qui lui tiennent à cœur. L’exposition propose une déclinaison de trois thématiques pour vous permettre d’appréhender les motifs que l’artiste représente de façon obsessionnelle. Les portraits ou autoportraits se caractérisent par des yeux globuleux, un nez volumineux et une bouche béante. La section consacrée aux femmes et au couple évoque la dualité bien souvent la dualité entre les sujets représentés qui ne semblent pouvoir se comprendre. Renaud Philippot peint enfin des animaux dans des œuvres teintées d’un véritable pessimisme, comme en témoigne la figure du chat, être diabolique, animal malin, noir et comme cornu.

Renaud Philippot: la tendresse et l’angoisse, en mode singulier

Jules Lefranc, un certain regard // Visites commentées

20 juin 1967 : Francis Le Basser, maire de Laval, inaugure le tout nouveau musée municipal en présence de Jules Lefranc, peintre naïf d’origine lavalloise et de sa compatriote Andrée Bordeaux-Le Pecq, présidente du salon parisien Comparaisons. L’événement est notable car ce musée est une exception dans le paysage artistique français et même sur la scène internationale. De fait, le musée de Laval est la première institution à se consacrer entièrement à l’art des autodidactes, ces Naïfs autrement appelés Primitifs modernes, Peintres du Coeur Sacré ou bien encore artistes de la Semaine au Sept dimanches

Exposition en salle d’honneur | 18 mars 2017 – 11 juin 2017

Prochaines visites commentées :

Dimanches 7, 14 et 21 mai à 15h30

3,00€ – Gratuit le premier dimanche du mois

Janvier, février, mars 2017

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Le nouveau programme du premier trimestre 2017 est disponible, en cliquant ici !

 

 

Pour cette nouvelle année, nous avons imaginé un programme riche en nouveautés et festivités pour célébrer avec enthousiasme l’anniversaire du Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers.

 

Venez fêter avec nous les 50 ans du musée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les artisanes d’Ocumicho

Carmelia Martinez, La Liberté guidant le peuple le 28 juillet 1830, non daté

Carmelia Martinez, La Liberté guidant le peuple le 28 juillet 1830, non daté

Ocumicho est un petit village mexicain, situé dans l’État de Michocoan, à 2000 mètres d’altitude. Il s’agit d’un village où traditionnellement était travaillé le cuir. La révolution mexicaine de 1910 ayant ruiné la région, les artisans ont dû se tourner vers une autre forme d’artisanat : la céramique.

La fabrication des diables en céramique d’Ocumicho a débuté dans les années 1960, grâce à un jeune artisan, Marcelino Vicente. Cet homme, mort très jeune, est devenu une légende dans ce petit village mexicain. Il racontait avoir rencontré le Diable en personne, qui lui aurait dit : « Tes diables sont laids, regarde-moi, moi je suis beau, prends modèle sur moi ». Quelques années après la mort de Marcelino, la création de ces petits diablotins à la technique très particulière est devenue la spécialité du village, et une grande part de sa production artisanale. Ce sont exclusivement les femmes qui pratiquent la céramique à Ocumicho, les hommes participant parfois en peignant les oeuvres de leurs épouses.

Dans les années 1980, Mercédès Iturbe, du Centre Culturel Mexicain de Paris, eut l’idée d’un projet à l’occasion du bicentenaire de la Révolution Française : elle demanda aux artisanes d’Ocumicho de réaliser une série de statuettes représentant divers événements de la Révolution, à partir de documents iconographiques.

Carmelia Martinez est une artisane qui a pris part au projet. Elle a pris modèle sur La Liberté guidant le peuple de Delacroix (1830). Elle a remplacé les morts aux pieds de la Liberté par deux diables, dont le premier dévore les entrailles du second. La figure du Diable dans les oeuvres d’Ocumicho est récurrente : le Diable, expliquent les artisanes, est forcément présent dans les situations violentes, provoquant les bouleversements funestes, et se nourrissant du mal et du désespoir des hommes.

Ces statuettes sont des œuvres à la rencontre entre la France et le Mexique : s’y mêlent à la fois l’imagerie et les symboles européens, et les systèmes de représentation mexicains. De nombreux éléments du répertoire local sont présents : ainsi, les aristocrates de La Chasse aux aristocrates sont habillés en costumes mexicains, et les révolutionnaires ont la peau bronzée des latino-américains.

Ces œuvres sont complètement caractéristiques du style des céramiques d’Ocumicho. Ce sont des sculptures aux formes très libres, aux couleurs très vives, des œuvres pleines de fantaisie et d’humour, avec souvent une certaine dimension scatologique. Ces statuettes proposent une vision déconcertante et dépaysante d’événements majeurs de l’Histoire de France.

Bouscaillou (1932) – Tourné vers son avenir

Louis Bouscaillou, Tourné vers son avenir, 1976

Louis Bouscaillou, Tourné vers son avenir, 1976

Louis Bouscaillou est né en Dordogne en 1932. Fils d’agriculteur, agriculteur lui-même, c’est en raison d’un grave problème de santé qu’il dut abandonner son travail dans les années 1950. Il prit alors son crayon pour dessiner la ferme familiale, les paysages aimés. Petit à petit, il comprit que son art ne pouvait pas se limiter à recopier : « La peinture n’est pas la représentation d’un truc« , écrit-il, « mais l’image caricaturée de plusieurs choses« . L’art doit avoir une visée bien plus universelle, représenter à la fois la réalité et son essence.

Quelques années plus tard, c’est en observant un sculpteur travailler sur le pont des Arts de Paris qu’il découvrit la sculpture. A partir de ce jour, l’art prit de plus en plus de place dans sa vie. Après quelques longues années où nul ne s’intéressait à son travail, les expositions s’enchaînèrent, au musée d’Art moderne de Paris, en Hollande, au Salon d’Automne de Lyon ; ses œuvres se trouvent actuellement dans les collections du musée d’Art naïf et d’Arts singuliers de Laval, au musée d’Art moderne de Lille et à la Collection d’art brut de Lausanne.

L’une des formes les plus originales et personnelles de l’œuvre de Bouscaillou est certainement ces séries de personnages en bois, aux contours géométriques et anguleux, dont l’œuvre Tourné vers son avenir fait partie. Chacun d’entre eux est porteur d’une émotion, ou vit une situation ou une action bien particulière, choisie par l’artiste. Ici, le personnage, tourné vers son avenir, regarde en fait derrière lui : l’introspection, la connaissance de soi, sont des démarches incontournables à celui qui veut construire sa vie.

Le travail de la couleur est primordial chez Bouscaillou : c’est grâce à elle qu’aucune place n’est laissée au froid et à la tristesse du matériau brut. Si les gestes sont figés, les membres raidis, le personnage, on le sent, est en plein mouvement.

Pierre Amourette (1947) – Vierge ouvrante

Pierre Amourette, Vierge ouvrante, 2015

Pierre Amourette est né à Jersey en 1947. Lorsqu’il était âgé de quatre ans, sa famille s’est expatriée en France.

Amourette a exercé pendant trente-quatre ans le métier d’instituteur spécialisé. Déjà, parallèlement à son travail, la création faisait partie de sa vie, puisqu’il sculptait régulièrement des statues de bois. Il se disait fortement bouleversé à la vue de certaines œuvres d’art populaire, citant des statues médiévales rencontrées dans la pénombre d’églises romanes. Il y voyait des objets anonymes et inconnus mais dont il ressentait intensément l’âme.

C’est cette émotion qu’il souhaite transmettre dans chacune de ses compositions. Après le bois, il commença à pratiquer la céramique. Si une grande partie de son œuvre tourne autour de la maternité, il exécute également des jarres, des assiettes et des plats. Apparaissent souvent dans son travail des lézards et des escargots, animaux qui l’ont accompagné dans ses jeux d’enfant.

Pierre Amourette ne cherche pas, par son travail, à transmettre un message ; il ne souhaite pas donner un sens à ses oeuvres. Ce qui lui importe, c’est que son émotion permette de déclencher celle du visiteur. Il désire que chacun puisse exprimer son ressenti et proposer sa propre interprétation de l’oeuvre sans être limité par une quelconque volonté de l’artiste.

C’est pour cette raison qu’Amourette, au départ, ne signait aucune de ses œuvres. Néanmoins, sa démarche artistique évoluant, il ressentit peu à peu le besoin d’inscrire chacune des statues dans l’espace-temps de sa création. Désormais, il écrit non seulement la date et le lieu d’exécution, mais également son état d’esprit ou les désagréments physiques qu’il a rencontrés pendant le temps de fabrication, persuadé qu’ils ont eu une incidence sur le processus de création. Ainsi, dans le dos de la Vierge ouvrante peut-on lire : « Le froid arrive, J’ai mal à la gorge ».

Amourette a longtemps cherché le mélange de terres qui lui conviendrait pour confectionner ses sculptures. Après des années d’essais, il est finalement parvenu à composer la recette idéale : il s’agit d’un mélange de grès blanc, de porcelaine de tournage, de terre chamottée ou de kaolinite, et de terre issue d’une carrière proche de Châteaubriant. À cette préparation, il ajoute deux millièmes de polyachrylonitrile (famille des acryliques). La cuisson dépend du résultat qu’il projette, puisqu’il travaille deux types de production. Pour obtenir une terre vernissée, donc poreuse, comme pour la Vierge ouvrante, il cuit la sculpture à 980°C ; pour une porcelaine, la température de cuisson est montée à 1300° C.

Les acquisitions du musée

 

Le musée vient de s’enrichir de 2 oeuvres de François Monchâtre : « Bibliothèque HBN » et « Veuillez répondre à toutes nos questions »

Après avoir été formé dans une école des métiers d’art à Paris (section vitrail), François Monchâtre exerce divers petits métiers (marionnettiste, garçon d’ascenseur, étalagiste…) avant de se consacrer, à partir de 1959, à la peinture qu’il pratique déjà depuis plusieurs années. Ses compositions hautes en couleurs se revendiquent alors d’un Art Naïf teinté de Surréalisme.

A partir des années 70, l’artiste entreprend ce qu’il appelle sa « grande révolution » et abandonne la couleur au profit d’une peinture monochrome et du noir et blanc. C’est également à compter de cette période qu’il réalise ses premières sculptures baptisées OPNI (Objets Peints Non Identifiés).

Monchâtre tire son inspiration aussi bien de son enfance que des différents métiers qu’il a pu exercer. Des expériences de sa vie d’adulte, il fait naître des oeuvres absurdes et grinçantes dans lesquelles il met en scène ses Crétins : des personnages stéréotypés, toujours de profil, aux membre raides, aux traits durs et anguleux, portant costume et cravate. Ainsi visualise-t-il l’homme moderne, que ce soit l’employé pressé et stressé, qui passe sa vie à obéir en oubliant de rêver, ou le « petit chef », insignifiant et tyrannique.

Ingénieux constructeur, il invente depuis 1970 des machines, animées manuellement ou par un petit moteur électrique, qui ne servent à rien sinon à rêver. On retrouve dans ces objets mécanisés la fascination de Monchâtre pour l’aviation, le cinéma, l’automobile et les bibliothèques qu’il aime tant fréquenter.

En 1963, il expose chez Iris Clert où il côtoie Tinguely, Arman et César. Puis, rejoint en 1975 l’Atelier Jacob d’Alain Bourbonnais et participe à l’exposition « Les Singuliers de l’art » au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1978. Depuis, il expose très régulièrement en France et à l’étranger. Il a, entre autres, participé à, à la Outsider Art Fair de New York en 2003 et a été exposé à la Halle Saint-Pierre, Paris, en 2013.

 

 

 

 

 

Trovic Jacques (1948) – Terre et Lune

Trovic Jacques, Terre et Lune, 1969

Jacques Trovic est un artiste né à Anzin, dans le Nord de la France. L’artiste a toujours eu une santé fragile, qui l’handicape aujourd’hui encore, et qui l’obligea à arrêter l’école à sept ans. Il a donc passé toute son enfance et sa jeunesse entre sa mère et soeur, qui pratiquaient les travaux d’aiguille dans la maison familiale. C’est ainsi que Trovic apprit à broder et à coudre, se passionnant rapidement pour cet art si particulier. Il créa sa première œuvre à quatorze ans ; il n’a jamais arrêté depuis.

Le travail de Trovic révèle une originalité touchante, et une grand authenticité. Il se situe à mi-chemin entre la broderie et le patchwork. Trovic commence toujours ses travaux avec un morceau de toile de jute, sur lequel il fait naître ses personnages joyeux et colorés, à l’aide de pièces de tissus divers et variés (soie, coton, feutrine, dentelle, satin, laine…). Il ajoute breloques, paillettes, tout ornement lui permettant d’embellir l’ensemble. Artiste prolifique, il a créé plus de trois cents œuvres à ce jour.

Trovic aime travailler des scènes joyeuses de son quotidien, inspirées bien souvent par la télévision qui est constamment allumée pendant ses séances de création. Il se plaît à représenter des jours de fêtes folkloriques, ou encore à honorer les professions humbles exercées dans son entourage, comme celle des ouvriers de la mine. Enfin, très marqué par sa ville si chaleureuse, Anzin, il en dessine souvent les rues et les
lieux importants.

Trovic souhaite communiquer dans ses œuvres la joie qu’il voit dans le monde. C’est ainsi qu’il s’est créé un monde lumineux, plein de douceur et de gaieté. Créée en 1969, l’œuvre Terre-Lune a très probablement été inspirée par la première expédition humaine sur la Lune, la même année. C’est un rêve d’enfant qu’il semble avoir voulu recréer, un monde lunaire duquel tout l’univers est accessible.

« L’essentiel, c’est que le soleil brille, que les couleurs chantent, qu’il y ait de la fête et du rire et que les enfants aiment ces grandes toiles qui ressemblent tant à leurs dessins et à leurs rêves.«